Attention chute de pierre!

Ça faisait un bail que je n'avais pas écrit une petite critique littéraire. Peut-être parce que mes lectures étaient bien loin d'être enthousiasmantes. Ou en tout cas pas au point de les partager avec vous. Certes j'ai lu quelques bons livres, quelques bons petits polars depuis la dernière fois, mais rien de marquant. Pour preuve, la plupart sont déjà oubliés.

Mais là, quelle claque mes aïeuls. Et pourtant, je dois avouer que tout au long de ma lecture de ce petit bijou, j'étais plutôt un tantinet réservé, voire presque déçu. Je m'explique.

Iain Pears, pour la faire courte, je suis fan et son livre "Le Cercle de la Croix" fait partie de mon panthéon. Alors quand j'ai commencé à lire "La Chute de John Stone", je n'ai pu résisté à l'envie de faire la comparaison. Erreur! Monumentale erreur!

Certes le livre est construit sur le même principe, plusieurs récits relatés par des personnages différents, chacun éclairant de son point de vue un histoire complexe. Mais la comparaison s'arrête ici. Là où "Le Cercle de la Croix" se contente d'une seule période de l'Histoire, relatée et perçue de manière diffèrente par quatre protagonistes temoin d'un crime, "La Chute de John Stone" se ballade à travers le temps pour nous conter la vie de John Stone, riche industriel, magnat de la finance, au cours de trois périodes marquantes de sa vie, personnage complexe, laissant une veuve beaucoup plus jeune que lui, un testament révélant l'existence d'un enfant caché et un empire industriel dont la survie dépend de l'imminence d'une guerre ouverte entre les grands empires européens du début du XXè siècle.

Trois récits se succèdent perdant le lecteur dans un tourbillon de personnages, d'événements. Trois narrateurs. Des liens ténus, des personnages troubles. Je dois avouer que plusieurs fois, je me suis senti balladé, me demandant où tout cela allait bien pouvoir mener.

Et bien, je ne peux dire qu'une chose, employer un seul adjectif: Magistral. Allez non, deux: Flamboyant. Un modèle de conclusion, une référence. Une vraie fin comme tout bon livre se devrait de posséder.

Bref, un excellent livre que l'on referme, triste de l'avoir terminé, avec une seule envie, le relire d'ici quelques temps, quelques mois, quelques années, mais le relire.